Un été, un garçon nommé Timon arriva au village chez sa grand-mère. Chaque matin, il mangeait des crêpes chaudes avec de la crème fraîche froide, dans le jardin poussaient des pommes juteuses, et non loin dans le petit bois coulait une rivière claire où il faisait bon se baigner.
Timon aimait beaucoup séjourner chez sa grand-mère. Une seule chose le chagrinait : il n'y avait pas d'autres enfants au village pour jouer ensemble.
Et voilà qu'un jour, le garçon partit attraper des papillons. Il courait avec son filet le long de la rivière, attrapait des piérides blanches et des citrons jaunes, mais les relâchait aussitôt car ils n'étaient pas assez colorés et intéressants. Il s'apprêtait déjà à rentrer chez lui quand soudain il aperçut un papillon extraordinaire. Il était roux foncé, presque rouge, et sur ses ailes se dessinaient de grands cercles sombres, exactement comme sur la queue d'un paon.
Le garçon s'approcha doucement et jeta son filet dessus. Le papillon tenta de s'envoler, mais le filet l'en empêcha. La petite créature se débattit de toutes ses forces dans le filet, mais ne parvint pas à le déchirer. Et alors elle parla d'une voix humaine :
S'il te plaît, libère-moi ! Et j'exaucerai n'importe lequel de tes souhaits.
Timon réfléchit, se gratta la tête, écarta les bras et dit :
J'ai envie de beaucoup de choses, mais je ne sais pas comment choisir. Si je souhaite une glace maintenant, après l'avoir mangée, il ne restera plus rien. Et le souhait sera terminé. Et si je me souviens ensuite de quelque chose d'important ?
D'accord. Alors je t'offre un souhait, mais tu pourras le changer jusqu'à ce que le soleil touche l'horizon. Dès que le soleil commencera à se coucher, tu garderas ce que tu auras eu le temps de choisir.
Répondit le papillon.
Timon se réjouit et accepta. Et il se souhaita des patins à roulettes. Il regarda ses pieds, et là, des rollers ! Brillants, orange avec des roues noires, magnifiques. Le papillon ne l'avait pas trompé. Le garçon voulut lui dire merci, regarda dans le filet, mais elle s'était déjà envolée. Il cria alors plus fort : « Merci beaucoup ! » et partit le long du sentier qui longeait la rivière.
Mais le sentier était cahoteux, et le garçon trébuchait constamment. Timon comprit qu'il était inconfortable de faire du roller sur la terre. Et il décida qu'il valait mieux aller pêcher. Hop ! – une canne à pêche en bois de santal apparut dans ses mains. Et les patins disparurent. Notre héros s'approcha de la rivière, s'assit sur la berge et se mit à pêcher.
Il pêchait, pêchait. Et il attrapa un poisson ! Un beau carassin. Il le décrocha de l'hameçon et réalisa qu'il n'avait nulle part où le mettre. Timon pensa qu'il aurait dû prendre un seau avec lui – hop ! – et aussitôt apparut à côté de lui un petit seau roux à pois noirs, et même rempli d'eau. Il y plongea le carassin, voulut prendre la canne à pêche, mais elle n'était plus là.
Bien sûr ! Elle s'est transformée en seau ! Eh bien voilà, plus moyen de pêcher...
Timon se frappa le front.
Il prit le seau et marcha le long de la rivière vers sa maison. Le soleil commençait à décliner vers le couchant, il était temps de rentrer chez grand-mère.
Le garçon marchait en pensant à quelle journée intéressante il avait eue. Mais quel dommage qu'il n'y ait pas d'ami près de lui à qui raconter tout cela. Et là, il comprit quel était son souhait le plus important ! Il relâcha le carassin dans la rivière, posa le petit seau sur le chemin et dit à haute voix :
Je veux un ami !
Et le seau se transforma en une fille. Avec des cheveux roux foncé et de grands yeux sombres. La fille se mit à rire et dit :
Bravo, tu as choisi le souhait le plus important au monde ! Je serai ton amie pendant que tu séjournes au village.
Comment t'appelles-tu ?
Je m'appelle papillon Paon-du-jour. C'est moi que tu as attrapée ce matin, et c'est moi qui me suis transformée en patins, en canne à pêche et en seau. J'étais curieuse de voir ce que tu souhaiterais. Et je ne me suis pas trompée sur toi, tu es quelqu'un de bien, puisque l'amitié est ce qu'il y a de plus important pour toi.
La fille se mit à rire.
Je m'appelle Timon. Viens manger des chaussons aux pommes, grand-mère en fait toujours pour le dîner.
Le garçon se présenta.
Et les enfants allèrent dîner. Ainsi notre héros apprit qu'un véritable ami est plus important que n'importe quel jouet ou objet. Et toi, petit, qu'aurais-tu souhaité ?