C'était le mois de janvier. Par la fenêtre, de beaux flocons de neige dansaient comme s'ils étaient vivants, et le soleil brillait dans le ciel. La journée était si merveilleuse que même le froid glacial qui pinçait le nez ne la gâchait pas.
Le petit Pierre mit son bonnet préféré de couleur grise, ses moufles et son écharpe chaude étaient également grises. Et le petit garçon ressemblait à un petit chat gris tout ébouriffé.
Pierre ouvrit la porte, franchit le seuil et s'exclama :
Quelle beauté ! Je n'ai vu ça que dans les images du livre que grand-père me lit le soir. Est-ce vraiment si beau dehors ? Sans doute que des merveilles arrivent souvent par de si beaux jours.
Pierre se mit à courir dans la neige qui craquait si mélodieusement sous ses pieds. Le garçon décida d'aller dans la forêt se promener, là-bas, les arbres sont probablement habillés de manteaux blancs, et les congères sont certainement plus hautes que Pierre lui-même.
Le garçon marche dans la forêt et soudain il entend quelqu'un qui couine d'une petite voix douce et délicate.
Je me demande qui cela peut être ?
Pensa le garçon.
Ralentissant le pas, Pierre scrutait devant lui et vit une petite souris rousse. Elle était renversée sur le dos et restait immobile. Pierre, perplexe, se précipita vers elle :
Souris, souris, tu es vivante ?
La souris ne réagissait pas.
La pauvre, elle a dû geler. Et soudain, la petite souris rousse entrouvrit un œil et bondit aussitôt.
Ouf, quelle frayeur !
Couina-t-elle.
Quelle merveille ! Les animaux savent donc parler ?
Et alors Pierre se souvint comment grand-père lui racontait des histoires intéressantes où pendant les mois d'hiver, différentes merveilles se produisaient. Sans doute que ce moment magique était arrivé.
Alors tu n'es pas un chat ?
Demanda la souris d'une voix aiguë.
Non, qu'est-ce qui te fait dire ça ?
S'étonna le garçon.
Je courais tranquillement, et soudain je tourne la tête, et à l'horizon je te vois, tout gris, ébouriffé et rond, j'ai pensé que tu étais un chat et j'ai décidé de faire semblant d'avoir gelé dans ce froid.
Mais pourquoi ?
Le garçon ne cessait de s'étonner.
Pour que tu ne me manges pas.
Pierre et la souris éclatèrent de rire. Et alors la souris demanda :
Et si tu venais me rendre visite ?
Avec plaisir, je n'ai jamais eu l'occasion de rendre visite à de vrais animaux qui savent parler. Mais comment vais-je trouver ta maison ?
Faisons comme ça : je vais courir doucement jusqu'à la maison et mes pattes laisseront des traces dans la neige. Tu n'auras qu'à les suivre pour arriver chez moi.
C'est ainsi qu'ils décidèrent. La souris fila sur le chemin, et Pierre suivit ses traces.
Le garçon marche sur le sentier sans dévier nulle part. Soudain, une boule de neige apparut sur son chemin, et juste devant le nez de Pierre, la boule se transforma en sanglier sauvage.
Oh là là ! Qui est-ce qui m'empêche de rouler sur ce sentier ?
Incroyable ! Toi aussi tu sais parler ? Est-ce vraiment possible ?
Dit Pierre en tombant sur les fesses de stupéfaction.
Bien sûr, nous les animaux parlons aussi, et nous vous comprenons parfaitement, vous les humains.
Répondit le sanglier.
Je n'aurais jamais pensé que vous nous compreniez !
Dit le garçon.
Tu sais quoi ? Viens me rendre visite. Je te nourrirai, et tu pourras te réchauffer avant de rentrer chez toi.
Cria le sanglier avec un sourire.
Les nouveaux amis se mirent d'accord de la même manière qu'avec la souris. Le sanglier laisserait des traces, et Pierre les suivrait jusqu'à sa maison.
Le garçon marche sur le sentier en fredonnant une chanson.
Il n'eut pas le temps de se retourner que soudain la souris rousse bondit devant lui et cria :
Voilà ma maison ! Et voici mes amies !
À côté de la souris, d'autres souris rousses piétinaient.
Maintenant nous allons te régaler d'un délice exquis.
La souris tendit à Pierre un petit bout de foin.
Pierre pensa que puisque les souris savaient parler, le foin devait être magique et comestible pour les humains. Le garçon goûta le bout et fut ravi.
Il s'avéra que cette meule de foin, le garçon l'avait préparée avec son grand-père l'été dernier pour leurs chevaux qui vivent dans l'écurie près de la maison. Grand-père élève depuis longtemps des étalons et des chevaux blancs comme neige, et ils conservent le foin fauché pour leurs animaux ici même, dans la forêt.
Pendant que Pierre réfléchissait et se réjouissait, le sanglier sauvage s'approcha discrètement par derrière.
Ah, tu es déjà là ! Très bien ! Je vais te régaler de quelque chose de délicieux.
Le sanglier aux défenses tendit au garçon le même bout de foin.
Pierre n'en crut pas ses yeux. En se retournant, il vit que les souris avaient disparu sans laisser de trace.
Vous vivez ici avec les souris ?
Demanda le garçon au sanglier.
Quelles souris, je vis ici tout seul.
Répondit le sanglier.
Cette meule doit être énorme si tant de petites bêtes s'y sont installées.
Pensa Pierre.
À ce moment-là, un grincement sonore retentit non loin, et de derrière la meule apparut le grand-père de Pierre, qui était venu en traîneau chercher du foin dans la forêt.
Pierre n'eut pas le temps de se retourner que tous les animaux avaient disparu, chacun s'était enfui de son côté.
Pierre raconta à son grand-père ce qui lui était arrivé. Grand-père ne fut pas du tout surpris, il vit plus longtemps et avait vu beaucoup de merveilles au cours de sa vie.
Eh bien, mon petit Pierre. Laissons une petite meule pour ces animaux de la forêt. Bien sûr, nous avons préparé tout cela pour nos chevaux, mais les animaux de la forêt ont aussi besoin d'un endroit pour passer l'hiver et vivre. Nous ferons une bonne action !
C'est ainsi qu'ils décidèrent. Et quand Pierre et son grand-père partirent, le sanglier et les souris rentrèrent chez eux. Et ils eurent une maison pour l'hiver, et de la nourriture aussi.