Dans une forêt très, très lointaine, sur une clairière ensoleillée, vivait une famille de lapins: papa lapin, maman lapine et leurs petits lapereaux.
Le plus grand lapereau s'appelait Kolya, il était espiègle et turbulent, mais il prenait toujours soin de ses petites sœurs, qui s'appelaient Mania et Ania. Ania était courageuse et n'avait jamais peur ni du renard ni du loup. Souvent, elle et son frère Kolya jouaient dans la clairière et taquinaient les prédateurs.
Puis ils s'enfuyaient rapidement dans différentes directions, si vite que les chasseurs perdaient leur trace. Mania, elle, était modeste et un peu peureuse. Elle aimait aussi passer du temps avec ses frères et sœurs aînés, mais elle se tenait toujours à l'écart des jeux dangereux.
Tous les petits animaux de la forêt vivaient en harmonie et s'entraidaient toujours. Mais un jour, un virus s'infiltra dans la forêt et les animaux commencèrent à tomber malades. Alors tout le monde panique, eut peur, et l'aîné de la forêt - l'ours - ordonna de trouver comment combattre le virus. En attendant une solution, il interdit tous les jeux dans les clairières et les prés. La forêt devint silencieuse.
Papa lapin travaillait comme chercheur scientifique forestier. Il comprit rapidement qu'il fallait inventer un vaccin pour vaincre le virus et que tout le monde puisse à nouveau jouer et s'amuser dans la nature. Il travailla longtemps sur la formule, mais finalement présenta le résultat à l'assemblée forestière. Tous les animaux furent heureux et se précipitèrent pour se faire vacciner. L'ours félicita personnellement le lapin pour son invention.
Une longue file d'attente se forma pour la vaccination. Il y avait tous les habitants de la forêt. Les hérissons se tenaient derrière les écureuils, et les écureuils derrière les élans. Bien sûr, les lapereaux vinrent aussi se faire vacciner. Seul l'un d'eux manquait à l'appel - la lapine Mania. Elle avait très peur des piqûres et ne voulait pas se faire vacciner.
Le frère et la sœur de Mania se firent rapidement vacciner et allèrent jouer avec leurs amis. Maman et papa se firent aussi vacciner, donnant l'exemple aux autres animaux.
Mais Mania ne voulait pas se faire piquer. C'était tellement effrayant!
Manechka, petite lapine, tu dois te faire vacciner, sinon tu ne pourras pas jouer avec ton frère et ta sœur dans la clairière! - suppliait maman.
Maman, comment ne comprends-tu pas? J'ai très, très peur. Je te le promets, je ferai tout, j'aiderai à la maison, je nettoierai les carottes, je rangerai les jouets, mais s'il te plaît, puis-je ne pas me faire piquer? - suppliait en pleurant la petite lapine.
Si tu ne te fais pas vacciner maintenant, tu risques de tomber malade du terrible virus et tu ne pourras certainement pas jouer.
Et alors! Je vais jouer quand même! - s'écria la lapine et elle courut dehors vers son frère et sa sœur.
Le lendemain, comme l'avait dit maman, Mania tomba malade. Sa gorge lui faisait très mal et elle ne pouvait même pas parler. De plus, Mania avait de la fièvre et ne pouvait pas se lever du lit. Toute la journée, elle resta allongée, triste, regardant par la fenêtre. Dehors, dans la clairière devant la maison, Kolya et Ania jouaient à la poursuite, et papa arrosait le chou au jardin. Le soleil brillait. Les oiseaux chantaient.
Le docteur est arrivé, Mania, - dit maman en jetant un coup d'œil dans la chambre.
Mania hocha silencieusement la tête.
Le médecin des enfants de la forêt était un vieux hibou qui s'appelait Philippe Savvovitch. Il examina attentivement le lapereau et lui prescrivit des comprimés. Alors qu'il s'apprêtait à partir, il entendit Mania l'appeler doucement.
Philippe Savvovitch, dites-moi, pourrais-je me faire vacciner maintenant...? - demanda timidement la lapine.
Comment ça, tu n'as plus peur des piqûres?
J'ai très peur... mais je ne veux pas être malade.
Oh, petite sotte, pourquoi ne t'es-tu pas fait vacciner tout de suite? Pourquoi as-tu si peur?
Je n'aime simplement pas les aiguilles - avoua Mania.
Veux-tu que je te montre un tour de magie? - dit mystérieusement le hibou.
Oui, s'il vous plaît, cela m'aidera à me distraire de ma maladie.
Le hibou appela la maman de Mania et lui chuchota quelque chose à l'oreille. Maman s'approcha de sa fille, l'embrassa et dit:
Petite lapine, maintenant regarde-moi dans les yeux, d'accord? Ce sera notre jeu.
D'accord! - se réconforta Mania.
Pendant ce temps, le docteur prit sa main et la désinfecta, mais Mania ne remarqua même pas.
Répète après moi, ma chérie.
Je suis prête, maman!
Je n'ai pas peur des piqûres!
Je n'ai pas peur des piqûres!
Je me ferai vacciner très courageusement!
Mania hésita un peu, mais bientôt elle se décida et dit:
Je me ferai vacciner très courageusement! Aïe! - c'est tout ce qu'elle put dire.
Maman sourit. Le hibou la regarda et fit un clin d'œil.
Maman, continuons à jouer, qu'est-ce que je dois encore répéter?
C'est tout, ma chérie, il n'y a rien d'autre à faire.
Et Philippe Savvovitch a promis de nous montrer un tour de magie! C'est vrai? - demanda-t-elle au docteur.
Je l'ai déjà montré, Mania! - répondit joyeusement le hibou, - Regarde ton petit bras.
Mania remarqua une petite marque de piqûre sur son bras. Mais elle ne pouvait pas comprendre d'où elle venait.
Oh! Comment c'est possible? - dit-elle distraitement, - Est-ce de la magie?
Non, Manechka, c'est le vaccin! Tu n'as même pas remarqué que je t'ai fait la piqûre, parce que tu ne regardais pas l'aiguille, tu étais occupée à jouer avec maman. Tu as été très courageuse de le faire.
Vraiment! Alors je n'ai plus peur des vaccins? - s'étonna Mania.
On dirait que oui! - rirent les adultes.
Alors je peux aller jouer dehors? - dit la lapine avec espoir.
Pas encore, Manechka, le vaccin doit faire effet. Tu te sentiras mieux dans quelques jours, - dit maman.
Mania fut déçue, mais elle comprenait qu'il fallait juste attendre un peu et elle irait mieux. De plus, chaque jour elle se sentirait plus en forme. Maman alla reconduire le docteur. En se disant au revoir, il avertit maman:
Surveillez attentivement l'état de santé de Manechka. Le vaccin peut avoir de légers effets secondaires. Mais ce n'est pas obligatoire. L'important est de ne pas s'inquiéter, car c'est tout à fait normal. Très bientôt, Mania n'aura peur d'aucun virus.
Merci, Philippe Savvovitch, vous êtes un vrai magicien.
Une semaine plus tard, Mania jouait déjà avec son frère et sa sœur dehors, et elle raconta à tous ses amis qu'il n'y avait rien à craindre du vaccin, il fallait juste ne pas penser à la piqûre et ne pas regarder l'aiguille. Elle n'eut aucun des effets secondaires que le docteur avait mentionnés.
Elle courait dans la forêt et annonçait joyeusement à chaque animal qu'elle rencontrait: «Je n'ai pas peur des vaccins!»