C'était le mois de janvier. Par la fenêtre, de beaux flocons de neige dansaient comme s'ils étaient vivants, et le soleil brillait dans le ciel. La journée était si merveilleuse que même le froid mordant qui pinçait le nez ne la gâchait pas.
Le petit Nicolas enfila son bonnet préféré de couleur grise, ses mitaines et son écharpe chaude étaient aussi grises. Et le petit garçon ressemblait à un petit chat gris tout ébouriffé.
Nicolas ouvrit la porte, franchit le seuil et s'exclama :
Quelle beauté! Je n'ai vu ça que dans les images du livre que grand-papa me lit le soir. Est-ce possible que dehors ce soit si beau? C'est sûrement dans ces journées merveilleuses que la magie arrive souvent.
Nicolas se mit à courir dans la neige qui craquait si mélodieusement sous ses pieds. Le garçon décida d'aller se promener dans la forêt, là-bas, les arbres sont probablement habillés de manteaux blancs, et les congères sont sûrement plus hautes que Nicolas lui-même.
Le garçon marche dans la forêt et soudain il entend quelqu'un qui couine d'une petite voix douce et délicate.
Je me demande qui ça peut être?
Pensa le garçon.
Ralentissant le pas, Nicolas scrutait devant lui, et il vit une petite souris rousse. Elle était renversée sur le dos et restait immobile. Nicolas, perplexe, se précipita vers elle :
Souris, souris, tu es vivante?
La souris ne réagissait pas.
La pauvre, elle a dû geler. Et soudain, la petite souris rousse entrouvrit un œil et bondit aussitôt.
Ouf! Quelle frousse!
Couina-t-elle.
Quel miracle! Est-ce que les animaux savent parler?
Et alors Nicolas se souvint comment grand-papa lui racontait des histoires intéressantes, où pendant les mois d'hiver, différentes magies se produisaient. Ce moment magique était probablement arrivé.
Alors tu n'es pas un chat?
Demanda la souris d'une voix aiguë.
Non, qu'est-ce qui te fait dire ça?
S'étonna le garçon.
Eh bien, je courais tranquillement, et soudain je tourne la tête, et à l'horizon je te vois, tout gris, ébouriffé et rond, j'ai pensé que tu étais un chat et j'ai décidé de faire semblant d'avoir gelé dans ce froid.
Mais pourquoi?
Le garçon ne cessait de s'étonner.
Pour que tu ne me manges pas.
Nicolas et la souris éclatèrent de rire. Et alors la souris demanda :
Et si tu venais chez moi?
Avec plaisir, je n'ai jamais eu l'occasion de rendre visite à de vrais animaux qui savent parler. Mais comment vais-je trouver ta maison?
Faisons comme ça — je vais courir doucement vers la maison et mes traces de pattes resteront dans la neige. Tu n'auras qu'à les suivre pour arriver chez moi.
C'était décidé. La souris fila sur le sentier, et Nicolas suivit ses traces.
Le garçon marche sur le sentier, sans dévier nulle part. Soudain, une boule de neige apparut sur son chemin, et juste devant le nez de Nicolas, la boule se transforma en sanglier sauvage.
Oh là là! Qui est-ce qui m'empêche de rouler sur le sentier?
Incroyable! Toi aussi tu sais parler? Est-ce vraiment possible?
Dit Nicolas en tombant sur les fesses de stupéfaction.
Bien sûr, nous les animaux, nous parlons aussi, et nous vous comprenons parfaitement, vous les humains.
Répondit le sanglier.
Je n'aurais jamais pensé que vous nous compreniez!
Dit le garçon.
Tu sais quoi? Viens chez moi. Je vais te nourrir, et tu pourras te réchauffer avant de rentrer chez toi.
Cria le sanglier avec un sourire.
Les nouveaux amis se mirent d'accord de la même façon qu'avec la souris. Le sanglier laisserait des traces, et Nicolas les suivrait jusqu'à sa maison.
Le garçon marche sur le sentier en fredonnant une chanson.
Il n'eut pas le temps de se retourner que soudain la souris rousse surgit devant lui et cria :
Voilà ma maison! Et voici mes amies!
À côté de la souris, d'autres souris rousses sautillaient.
Maintenant, nous allons te régaler d'un délice exquis.
La souris tendit à Nicolas une petite touffe de foin.
Nicolas pensa que puisque les souris savaient parler, le foin devait probablement être magique — comestible pour les humains. Le garçon goûta la touffe et se réjouit.
Il s'avéra que cette meule de foin, le garçon l'avait préparée avec son grand-père l'été dernier pour leurs chevaux qui vivent dans l'écurie près de la maison. Grand-papa élève depuis longtemps des étalons et des chevaux blancs comme neige, et le foin coupé pour les animaux, ils le conservent justement ici, dans la forêt.
Pendant que Nicolas réfléchissait et se réjouissait, le sanglier sauvage s'approcha discrètement par derrière.
Ah, tu es déjà là! Eh bien, tant mieux! Je vais te régaler de quelque chose de délicieux.
Le sanglier aux défenses tendit au garçon la même touffe de foin.
Nicolas n'en crut pas ses yeux. En se retournant, il vit que les souris avaient disparu sans laisser de trace.
Vous vivez ici avec les souris?
Demanda le garçon au sanglier.
Quelles souris? Je vis ici tout seul.
Répondit le sanglier.
Cette meule doit être énorme, si autant de petites bêtes s'y sont installées.
Pensa Nicolas.
À ce moment-là, un grincement sonore retentit non loin, et derrière la meule apparut le grand-père de Nicolas, qui était venu en traîneau chercher du foin dans la forêt.
Nicolas n'eut pas le temps de se retourner que tous les animaux avaient disparu, chacun s'était enfui de son côté.
Nicolas raconta à son grand-père ce qui lui était arrivé. Grand-papa ne fut pas du tout surpris, car il a vécu plus longtemps et a vu beaucoup de merveilles dans sa vie.
Eh bien, Nicolas. Laissons une petite meule pour ces animaux de la forêt. Bien sûr, nous avons préparé tout ça pour nos chevaux, mais les animaux de la forêt ont aussi besoin d'un endroit pour passer l'hiver et vivre. Nous ferons une bonne action!
C'était décidé. Et quand Nicolas et son grand-père partirent, le sanglier et les souris rentrèrent chez eux. Et ils eurent une maison pour l'hiver, et de la nourriture aussi.