C'était un renard. Elle — une belle rousse élégante, se balançant gracieusement des hanches et agitant sa queue touffue, se déplaçait lentement le long d'un étroit sentier forestier. Le caractère de cette beauté était diamétralement opposé à son apparence extérieure.
Sa ruse et sa malveillance étaient tellement insupportables que tous les habitants de la forêt essayaient d'éviter de la rencontrer. Le renard marchait et cherchait clairement quelqu'un. Oui, elle avait l'intention de rencontrer n'importe qui, juste pour améliorer son humeur, qui n'avait pas bien commencé depuis le matin.
L'humeur... Soudain, la beauté remarqua que depuis longtemps le Renard ne voyait plus son charme, ses nouveaux beaux vêtements, si bien assortis à sa silhouette élancée, ne lui faisait plus de compliments. Et au contraire, il avait commencé à faire souvent des remarques stupides et absurdes comme « ...la maison est vide sans petits renardeaux potelés », que « ...la maison ne sent pas la maîtresse de maison... ».
« Avec l'âge, tous les Renards deviennent stupides ! » — décida-t-elle, mais l'humeur...
Le meilleur remède contre la mélancolie pour un renard était disponible : tromper quelqu'un, le mettre sur une fausse piste, ou simplement bavarder. Hélas, le sentier était vide, la forêt semblait morte.
Soudain, l'herbe bougea, et un serpent apparut sur le sentier. Son apparition fut si inattendue que le renard tressaillit involontairement, mais, se reprenant rapidement, se redressa, montrant sa silhouette élancée, et commença immédiatement à parler :
Bonjour, la plus sage des sages ! Comme je suis heureuse de te rencontrer précisément toi ! Je suis bien sûr très pressée, mais parler avec toi est un honneur pour chaque habitant de la forêt. Tu sais... On dit qu'à la foire sont apparus des poules et des dindes bien nourries, j'aimerais goûter quelque chose de savoureux ! Allons ensemble, amusons-nous de bon cœur !
Le renard craignait de perdre son interlocutrice, parlait à toute vitesse et cela la rendait encore plus attrayante. Elle, sans s'arrêter une seconde, détourna rapidement son monologue vers ses problèmes personnels, comme si elle se dépêchait d'exprimer tout ce qui s'était accumulé dans son âme passionnée.
Enfin, la beauté échauffée cracha presque tout ce qui tourmentait son cœur de renard orgueilleux. Elle, ayant attendu un peu et n'ayant pas entendu de réponse, continua son monologue un peu plus lentement :
Mais puisque tu m'as rencontrée, dis-moi, pourquoi tous les « petits maris » sont-ils si ennuyeux ? Mon fiancé a longtemps l'intention de faire de moi une femme au foyer, sale et inutile. Mais non !
Le renard releva le nez.
Je suis encore jeune et belle pour rester dans un terrier...
Les serpents, comme nous le savons, se distinguent vraiment par leur sagesse et leur laconisme.
Telle est la vie.
Dit-elle.
Toute joie, un jour ou l'autre, prendra fin, et nous resterons seuls face à notre conscience. Et personne n'échappera à cette conversation difficile, personne.
Ces paroles, dites « nulle part », n'étaient pas moralisatrices et ne provoquèrent pas une tempête de protestation dans le cœur capricieux du renard, mais quelque chose bougea dans l'âme de cette fière créature, une force inconnue la força à s'asseoir sur une souche proche.
La beauté pomponnée n'avait plus envie de montrer ses vêtements, d'aller quelque part, de voir quelqu'un et de bavarder sans arrêt...
Elle n'avait soudainement plus envie de se réjouir des malheurs d'autrui.
Lentement, le renard rentra à la maison, enfila un manteau simple et modeste et se mit à nettoyer son terrier longtemps négligé...