Dans une forêt merveilleuse vivait un habitant — un vieux chêne sage. Il était si immense qu'on pouvait le voir même dans les villages voisins et les bosquets environnants. Ses branches étaient si grandes que tous les habitants de la forêt pouvaient s'y abriter de la pluie, de la neige, du vent et des fortes tempêtes.
En été, les branches devenaient d'un vert éclatant, elles étaient couvertes d'un feuillage dense, et les écureuils avec d'autres petites bêtes jouaient ici à cache-cache.
Le tronc du chêne pouvait être comparé à un énorme rocher qui semblait sans limites. Au milieu de l'arbre, de nombreux animaux et oiseaux avaient construit de petites maisons. Au pied même du tronc, un petit raton laveur avait construit sa maison. L'entrée était envahie par l'herbe épaisse, et presque personne ne connaissait l'existence de cette demeure, donc vivre ici était sûr et pas du tout effrayant.
Un peu plus haut s'était installée une famille d'écureuils — maman, papa et cinq écureuillons. Les petites bêtes rousses avaient construit un immense palais au milieu du chêne, chaque membre de la famille avait ici sa propre chambre.
Au sommet vivait un vieux pic qui, depuis sa naissance, n'était jamais parti d'ici, et depuis de longues années était un résident local.
Et encore, des petites bêtes venaient séjourner sur les branches du chêne lorsque le mauvais temps les surprenait. Le vieux chêne était toujours hospitalier et ne chassait jamais personne de ses branches.
Allons nous promener!
Chaque matin, les petits écureuillons s'exclamaient au raton laveur, qui se réveillait tard, déjà quand le soleil se levait.
Je ne veux pas! Appelez le vieux pic, lui vous tiendra sûrement compagnie. Dernièrement, il sort souvent se promener, et avec lui on peut voir beaucoup de choses intéressantes, il vit depuis longtemps dans cette forêt et connaît tous les environs.
Grognait la petite bête rayée.
Est-ce qu'on peut venir avec vous?
Soudain, une petite voix aiguë se fit entendre, surprenant les écureuillons.
En tournant la tête, les petits coquins roux virent soudain une petite souris qui était montée sur la branche la plus haute.
Qu'est-ce que tu fais ici?
Demandèrent les écureuillons avec étonnement.
Je suis venue chercher de nouveaux amis. On m'a raconté que sur ce chêne vivent beaucoup de petites bêtes avec qui on peut se promener et jouer.
Et le chêne sait que tu es montée ici?
Je sais tout, ce sont mes branches! Je ne dors presque jamais et je sais toujours qui vient dans mon domaine et pourquoi.
Rit le vieil arbre puissant.
Alors qu'en dis-tu, chêne? La souris peut rester un peu ici? On va jouer avec elle, lui montrer les beautés de notre forêt.
Crièrent les écureuillons.
Bien sûr, qu'elle reste.
Permit le chêne.
C'est ainsi qu'apparaissaient de nouveaux habitants sur les branches de l'arbre. Tantôt une petite souris venait séjourner, tantôt un coucou s'installait près de la demeure du pic, et le soir ils chantaient en duo de belles chansons avec leur nouveau voisin.
Le temps passait, et le chêne devint une véritable immense maison forestière dans laquelle vivaient les habitants de la forêt. En automne, l'arbre accumulait de l'humidité pour supporter facilement l'été, et au printemps, de belles feuilles vertes éclatantes bourgeonnaient à nouveau sur les branches, créant de l'ombre pour les petites bêtes et les protégeant de la chaleur.
Plusieurs mois s'écoulèrent après le début de l'été, et soudain les animaux qui vivaient dans le tronc du chêne remarquèrent que l'arbre commençait peu à peu à dépérir.
Qu'est-ce qui t'arrive? Es-tu malade, vieux chêne?
Demandait le pic avec inquiétude.
Je ne sais pas, je ne comprends rien moi-même. Voilà déjà plusieurs jours que je n'ai plus de forces. Mes branches se fanent peu à peu, et les feuilles deviennent toutes sèches. Et pourtant l'automne n'est même pas encore arrivé, et il est trop tôt pour que les feuilles tombent.
Répondit l'arbre.
Et alors les habitants du chêne décidèrent de découvrir coûte que coûte ce qui arrivait au vieux chêne. Chaque nuit, l'un des habitants de l'arbre restait pour surveiller le maître de leur demeure. Et vint le tour du raton laveur, qui s'installa confortablement dehors juste devant sa petite maison.
La nuit tomba, et la forêt devint très silencieuse. La nuit était si chaude, et le vent s'était complètement calmé, même le feuillage ne bougeait pas du tout. Soudain, le raton laveur entendit un étrange grincement qui venait de sous terre. Le petit animal rampa vers le son, et après quelques minutes, un bruissement très fort se fit entendre sous ses pattes.
Le raton laveur décida de creuser un peu la terre pour comprendre ce qui se passait vraiment là-dessous. Après avoir creusé une fois, deux fois, trois fois, il bondit soudain en arrière. Juste sous terre se trouvait un énorme ver brun. Il avait enroulé son corps autour des racines du chêne et se balançait dessus de toutes ses forces.
Qu'est-ce que tu fais là?
Demanda le raton laveur d'une voix effrayée.
J'ai trouvé un nouveau logement. Mais il y a ces énormes racines qu'il faut détruire d'urgence, alors je veux les ronger.
Répondit le ver inconnu.
Mais qu'est-ce que tu fais? Cet arbre a déjà des habitants, nous avons nos maisons ici, et nous ne permettrons à personne de détruire notre bon arbre.
Cria le raton laveur avec stupéfaction.
Eh bien non! Je vais détruire les racines de ce vieillard et construire tout un labyrinthe sous terre.
Continua le ver avec zèle.
Et alors le raton laveur se précipita pour raconter cette rencontre à tous les habitants du vieux chêne.
Alerte! Sortez vite de vos maisons! Alerte!!!
Criait le raton laveur de toutes ses forces.
Un habitant terrible et méchant s'est installé sous notre arbre. Il veut détruire les racines du chêne pour y construire des labyrinthes entiers. Voilà pourquoi notre vieux et puissant chêne perd ses forces. Si ça continue comme ça, l'arbre ne tiendra pas, il se fanera et tombera.
Nous ne permettrons pas qu'un habitant étranger détruise notre arbre.
S'indignaient les habitants de la forêt.
Que devons-nous faire? Je ne peux pas atteindre le sol avec mes branches pour chasser ce méchant.
Demanda le chêne.
Et alors tous les habitants de l'arbre se rassemblèrent pour chasser le ver. Ils appelèrent à l'aide tous ceux à qui le sort du vieux et puissant chêne n'était pas indifférent, lui qui avait toujours protégé ses voisins de la forêt et les avait accueillis pour vivre dans son tronc et sur ses branches solides.
Le renard vint à l'aide, et l'énorme ours, et même le sanglier sauvage vint aider à creuser la terre avec ses défenses acérées.
Tous ensemble, les animaux creusèrent un énorme trou et en sortirent le méchant qui était sur le point de détruire les racines du chêne. Du ruisseau qui coulait non loin de là, les habitants de la forêt apportèrent de l'eau pour arroser le chêne.
Quelques jours passèrent, et le vieux chêne puissant déploya à nouveau ses feuilles. Toutes les petites bêtes et les oiseaux recommencèrent à vivre tranquillement dans leurs petites maisons, et le chêne, comme avant, accueillait toujours avec plaisir de nouveaux invités sur ses branches.